Interview : Ayn Rand et Mike Wallace

Voici la première apparition d’Ayn Rand à la télévision nationale, le 25 février 1959 pour l’émission Mike Wallace Interview.

Il y a une petite coquille dans les sous-titres. à partir de 18mn05, il est écrit : « Parce que ce n’est pas une question intellectuelle. », elle dit en réalité le contraire : « Parce que c’est une question intellectuelle. » (« Because it is an intellectual issue.« ) Mais il est vrai qu’on peut entendre le contraire (« isn’t« ).

Mike Wallace était l’un des intervieweurs le plus célèbres aux États-Unis. Il a interviewé Ayn Rand plusieurs fois entre 1957 (d’abord sur une chaîne locale new-yorkaise) et 1961.

Le 3 mars 1998, Mike Wallace est interviewé par Scott McConnell (journaliste conservateur, il n’est pas Objectiviste) sur ses rapports avec Ayn Rand. Cet entretien, traduit par mes soins, est reproduit ci-dessous.


Scott McConnell : Comment avez-vous connu Ayn Rand ou ses romans au départ ?

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Mike Wallace (1918-2012)

Mike Wallace : La Grève fut  le premier roman que j’ai lu d’elle. Différentes personnes de ma boutique l’admiraient et disaient que je devrais prêter plus attention à elle que je ne le faisais, donc ils l’ont inscrit à une émission de télé appelée Nightbeat, en 1957. Je l’ai trouvé fascinante.

S.MC. Quelle a été votre réaction à La Grève ?

M.W. J’ai trouvé que c’était un livre intéressant. Il n’a pas changé ma vie, mais j’ai trouvé que c’était un livre fascinant. Il m’a donné envie d’en savoir plus sur elle.

S.MC. Vous l’avez invité à Nightbeat et que s’est-il passé ?

M.W. J’ai trouvé que c’était une femme fascinante, c’est aussi simple que ça. En fait, elle était fraîche pour beaucoup de new-yorkais. Elle avait une approche de la vie, de la morale et de l’altruisme — par rapport à la sagesse conventionnelle — intéressante, affirmée, et décalée. Et elle m’a amené à réfléchir davantage au genre de choses dont elle parlait. Et elle a fait la même chose pour les spectateurs de Nightbeat.

S.MC. Donc il y a eu une forte réaction du public ?

M.W. Oui.

S.MC. Dans l’émission Mike Wallace Interview avec Ayn Rand, vous semblez vous focaliser sur les questions de morale, d’altruisme, de services aux autres. Pourquoi ?

M.W. Je voulais approfondir un peu. Ce que je cherchais à faire était, dans une certaine mesure, de me concentrer sur le genre de controverse qu’elle avait généré quand nous avions fait la première émission et dans les années qui ont suivis.

S.MC. Quelle était la réaction des autres médias quant au fait que vous receviez cette célébrité de la droite dans votre émission ?

M.W. Ils me connaissaient comme celui qui essaie d’avoir dans son émission des gens qui sortent de l’ordinaire. C’est peut-être difficile à comprendre, mais il y a quarante ans, l’interview habituelle était une chose assez blafarde ; c’était des niaiseries. C’était : « et ensuite j’ai écrit », « et ensuite j’ai chanté », « et ensuite je suis apparu dans ». Les idées — et en particulier les questionnements irrévérencieux, abrasifs ou sceptiques — n’étaient pas le sujet. Donc on a prêté une attention particulière à cette émission pour cette raison, parce que c’était le genre de chose que je faisais, des choses qui étaient plus ou moins interdites, ou en tout cas qui n’étaient pas pratiquées fréquemment. De ce point de vue, elle était un invité parfait parce qu’elle faisait réfléchir les gens qui étaient éveillés à onze heure du soir.

S.MC. Comment a t-elle réagi à cette prise ?

M.W. Elle a aimé. Et elle l’a montré. Elle n’aurait pas pu être plus avenante dans ses réactions avec moi. Elle voulait qu’on soit amis, et je suis allé chez elle, j’ai rencontré son mari et son chat.

S.MC. Est-ce qu’Ayn Rand a eu une influence quelconque sur votre pensée ou vos valeurs ?

M.W. D’une façon subliminale, bien sûr. Lorsqu’on fait le genre de journalisme que je faisais, et en particulier lorsqu’on fait le genre d’interview que je faisais, il y avait un rapport avec Ayn Rand. Je la trouvais fascinante. Je la trouvais de bonne compagnie, et je trouvais fascinant de l’écouter et de pondérer ses notions. Je la trouvais aussi peut-être trop doctrinaire.
Je l’appréciais parce que c’était intéressant d’être avec elle — elle savait qui elle était — elle était bien dans sa peau. Et elle était un bon exemplaire.

S.MC. Avez-vous d’autres souvenirs d’Ayn Rand ?

100voicesM.W. Je me souviens avec amusement de sa coupe de cheveux, qui est un peu comme celle que j’avais lorsque j’avais quatre ou cinq ans, une Dutch cut. C’était des cheveux sombres, coupés directement au niveau de son front. C’était particulièrement intéressant à cette époque pour moi à cause du contraste entre sa peau et la force — les yeux lumineux d’Ayn Rand.

S.MC. Pourquoi pensez-vous qu’elle s’intéressait spécifiquement à vous ?

M.W. Parce qu’elle aimait le fait que je la prenais au sérieux, que je prenais ses idées au sérieux — elle admirait beaucoup Nightbeat et les Mike Wallace Interview, d’après ce que Al Ramrus, Edith Efron et Ted Yates m’ont dit à l’époque.

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Auteur : objectivismefr

Auteur du blog "De l'Objectivisme".

2 réflexions sur « Interview : Ayn Rand et Mike Wallace »

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